7 juin 2012

Le siècle des cannibales

Le dépeceur de Montréal, le zombie cannibale de Miami : les cas de sauvagerie et de cannibalisme se multiplient. La résurgence du thème de l’anthropophagie nous pousse à nous poser des questions sur la nature de l’Homme en ce début de XXIème siècle.

Le sujet revient sur le devant de la scène et semble nous étonner. Mais comme le rappelait Claude Lévi-Strauss « Nous sommes tous des cannibales. Après tout, le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger. » Ce thème témoigne tout d’abord de la fascination éternelle de l’Homme pour les entrailles, que Jacques Lacan décrivait comme une « réalité impensable, et pour laquelle l’Homme est confronté à une horrible découverte (…) le fond des choses, l’envers de la face, du visage, la chair qui provoque l’angoisse » et du caractère morbide nous rappelant notre propre mortalité.

L’anthropophagie nous sert d’élément de questionnement sur notre propre rapport à l’animalité : la légende nous dit que le mot « cannibale » vient de « Caniba », nom d’une tribu que Christophe Colomb pensait affublée de museaux de chiens et mangeuse d’hommes. L’anthropophagie symbolise cet affaissement de l’Homme au niveau de l’animal. C’est ce que l’humanité occidentale et chrétienne a vu dans le cannibale : le symbole de l’altérité absolue, le reflet des instincts animaux, de sa propre animalité. C’est l’humanité non-humaine, l’ascension, le reflux vers l’animal faisant fi de toute raison, du Darwinisme ou de la « dignité » humaine théorisée par Pic de la Mirandole. Le thème de l’anthropophagie porte également en son sein un fort relent colonialiste en ce qu’il a souvent servi de prétexte à des massacres et des invasions…

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