11 mai 2012

Réconcilier les deux corps du Roi

Les élections sont souvent un moment où les Français se divisent. Mais la continuité de l’Etat doit être absolument préservée. Car l’Homme a toujours vécu en communauté. Et le souverain symbolise concrètement l’alliance de tout un peuple dans son enveloppe corporelle.

Par nature animal politique, l’humain est enclin à l’union politique avec ses semblables. Pour le philosophe écossais du XVIIIème siècle Adam Ferguson « Les cris de l’enfant, la tristesse de l’adulte, quand ils sont seuls, la joie de vivre de l’un et la gaieté de l’autre lorsqu’ils vivent en compagnie, prouvent amplement que ce penchant est inhérent à notre nature ».

La composante sociale de l’homme semble en effet lui être consubstantielle, l’homme faisant partie naturellement d’un ensemble. Il est même possible d’attribuer des qualités sociogénétiques à cet état, puisque le fait d’être en société permet à l’homme de se réaliser pleinement : sans elle, l’homme ne peut répondre à cette nécessité vitale de la sûreté et de la conservation de soi.

Il existerait ainsi une constance dans la nature anthropologique de l’homme, et pour Ferguson « Il n’y a pas lieu de croire que les Anciens (…) ne soient pas identiques à nous, Modernes (…) Quand les récits, parvenus des quatre coins du monde, les plus anciens comme les plus récents, s’accordent pour nous présenter l’espèce humaine toujours rassemblée en troupe et en compagnie, (…) il nous faut nécessairement admettre ces faits pour le fondement de toutes nos spéculations sur l’homme ».

Cet état de sociabilité universelle est un état mythique, au sens où les récits, d’origine ethniques, légendaires, faisant état de l’Homme en état de sociabilité sont fondateurs des systèmes religieux et politiques. Il semble même que la Cité soit la finitude de la sociabilité humaine. Pour Aristote, la Cité est naturelle parce qu’elle est la « fin » des communautés : le couple, la famille, le village. La Cité est la « fin » des associations humaines car c’est en elle que l’Homme peut trouver le bonheur, le bien vivre, ce qu’Aristote, à la suite de Platon, appelle « la vie heureuse ».

Les mythes ont toujours structuré la société et, à l’âge des premières civilisations et des premières Cités, l’homme n’a plus besoin des montagnes pour se rapprocher de Dieu. La civilisation est créatrice de mythe. Les villes sont là pour cela et les dieux sont des dieux urbains. Ils enseignent aux hommes à construire les hautes ziggourats de Mésopotamie qui sont des liens avec le divin, dépassant les huttes des agriculteurs. D’autres divinités naissent, comme Enki qui est le Dieu des forgerons, des maroquiniers, des potiers et des scribes ou Mardouk qui fonde la grande cité de Babylone (« la porte des Dieux »).

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